05 septembre 2024

Bienvenue !

Bonjour cher lecteur,

Depuis près de 15 ans, nous planifions chaque été une semaine de dépaysement, sous la forme d'une grande randonnée en montagne. Les objectifs sont multiples : découvrir une nouvelle région, faire un effort physique soutenu, goûter à l'Aventure avec ses bonnes surprises et ses imprévus, bivouaquer en pleine nature, faire un break pendant quelques jours, se déconnecter.

Même si - ou parce que - nous ne réservons pas de nuits en refuge à l'avance, les préparatifs sont importants : nous choisissons une destination, cherchons un aller/retour en transport en commun depuis Paris, définissons les étapes à l'aide d'Internet et de cartes IGN, prévoyons des solutions de secours en cas d'impondérables, optimisons le contenu des sacs à dos, etc.

Après quelques années d'interruption, ce site reprend vie pour de nouvelles découvertes, en compagnie d'Isabelle. La nouveauté 2024 : un joli tour en Alsace durant 7 jours !

Au total, plus de 1300 kilomètres de treks sont décrits sur ce blog.

Toutes nos randos sont ici :

Et pour la première fois, nous avons remplacé la marche à pied par le vélo, afin de découvrir le marais Poitevin. Le résumé tout en vidéo


Enfin quelques conseils :
Vous pouvez parcourir les pages grâce aux liens suivant/précédent, ou accéder directement à une page en passant par les archives du blog.
Les randonnées sont décrites sur le mode aventure, et par conséquent les topos ne sont pas très précis. Mais les traces GPX sont disponibles sur les randos les plus récentes, en les téléchargeant vous pourrez nous suivre pas à pas !

Si vous avez des questions sur un lieu ou un itinéraire, n'hésitez pas à nous solliciter. Dans tous les cas, ne vous aventurez pas sur nos traces sans précautions : consultez la météo, vérifiez votre équipement, emportez des vivres, ne surestimez pas vos forces.

Vous pouvez laisser des commentaires sur chaque page, anonymes ou pas. Si vous posez des questions nous essaierons d'y répondre rapidement. Vous pouvez aussi utiliser les boutons des réseaux sociaux...
Une dernière chose : toutes les photos peuvent être agrandies en cliquant simplement dessus. C'est parfois nécessaire pour voir les chamois ou les isards...

Bonne visite sur nos pages !

28 juillet 2024

jour 7 - du camping de Kaysersberg à Turckheim

 


  • D+: 252 m
  • D-: 284 m
  • distance : 13,7 km
  • temps de marche : 4 heures 53 minutes

 

Durant la nuit, mauvaise nouvelle : le matelas autogouflant Nemo Zor 20r que nous avions acheté en 2016 se décolle de part en part, et fait un bruit inquiétant à chaque mouvement. Heureusement, c'est la dernière nuit, mais il faudra renouveler ce matériel !

matelas Nemo Zor 20r

Le soleil est de retour et nous faisons sécher un maximum de choses avant le départ pour cette dernière journée, qui s'annonce un peu plus courte que les autres.

Nous visitons Kaysersberg, élu village préféré des français en 2017, et c'est vrai qu'il vaut le détour, car aux maisons traditionnelles et château s'ajoute ici une petite rivière, la Weiss, qui traverse l'agglomération de part en part.

Kaysersberg

Nous quittons cette ville par la chapelle St Wolfgang, et retrouvons avec plaisir la forêt et son calme pour quelques instants. Nous arrivons ensuite à Ammerschwihr, toujours par le sentier de Saint Jacques avec les coquilles. Une dame nous invite à aller écouter la musique, nous nous dirigeons vers le centre et assistons à une très belle fête. Renseignement pris, il s'agit des premières olympiades du Kaefferkopf, où il s'agit de participer à des épreuves axées sur le travail du vigneron, jusqu'à la mise en bouteille. Boissons, tartes flambées au four traditionnel, alambic, fanfare, les alsaciens savent organiser des festivités !

Olympiades du Kaefferkopf

alambic

 

Il est cependant encore un peu tôt et nous voulons terminer au maximum la nourriture que nous avons transportée, car nous savons qu'après l'arrivée, nous serons plus attirés par les fruits et légumes frais que par le lyophilisé... Nous repartons à travers les vignes, en espérant trouver un point d'eau car nous avons complètement oublié ce point. Nous croisons un groupe qui circule à Solex, ils nous expliquent avoir loué leurs engins à Colmar, c'est vraiment original de voir toutes ces vieilles machines.

solex

Nous finissons par trouver notre bonheur vers 14 heures : un petit filet d'eau, un banc, bref tout ce qu'il faut pour notre dernier repas en pleine nature avec soupe, pâtes chinoises (très très épicées...) aux girolles séchées, saucisson à l'ail et pain frais, puis compotée de mûres !

pique nique


Les derniers villages se succèdent, Katzenthal puis Niedermorschwihr. Nous sommes maintenant pressés d'arriver et ne faisons plus aucune halte avant un dernier arrêt à l'hôtel des deux clés pour notre traditionnel pot d'arrivée, où nous sommes très bien accueillis dans un cadre calme et serein qui nous permet d'atterrir tout doucement après cette belle randonnée.

hôtel des deux clés

Comme d'habitude, nous vous donnons rendez-vous l'an prochain pour une nouvelle destination, n'hésitez pas à nous laisser votre avis ou nous poser des questions car il n'est pas nécessaire de créer un compte. Vous pouvez aussi bien entendu parcourir nos autres randonnées, il y a de quoi lire et marcher !

A bientôt !

Isabelle et Bernard






27 juillet 2024

jour 6 - du camping des trois châteaux au camping de Kaysersberg

 


  • D+: 424 m
  • D-: 451 m
  • distance : 15,4 km
  • temps de marche : 6 heures 34 minutes

 

Le changement est radical aujourd'hui : nous passons de la montagne à la plaine, de la forêt aux vignes. Un petit coup d’œil en arrière nous permet de nous remémorer les trois châteaux de Ribeauvillé. A noter que, lors des préparatifs, j'avais bien repéré sur la carte le massif du Taennchel et ses rochers, ainsi que le monastère ND de Dusenbach, mais je n'avais pas prêté attention à ces trois sites médiévaux, qui valent pourtant le déplacement à eux seuls !

vignes et trois châteaux

Nous traversons Hunawihr puis arrivons à Riquewihr, en suivant le sentier de Saint Jacques de Compostelle qui serpente entre la montagne et la plaine. Sur le chemin, nous faisons des provisions de mûres, qui sont nombreuses et bien noires lorsque bien exposées.

Riquewihr est une petite ville typiquement alsacienne avec ses maisons à colombage, entourée d'un mur d'enceinte datant du 13ème siècle.

Riquewihr

Riquewihr

Nous passons à côté de l'étonnante boutique "féérie de Noël", qui propose des décorations de Noël toute l'année, puis achetons l'indispensable bretzel pour notre pique nique du midi, que nous prenons au bord du chemin à côté d'une fontaine.

bretzel

L'étape alterne entre chemins et petites routes bitumées jusqu'à Kaysersberg, qui se dévoile à nous avec son petit château.

Kaysersberg

 Nous décidons de faire un petit détour pour le visiter. Comme à Ribeauvillé, l'accès est libre et gratuit mais cette fois nous sommes accueillis avec la pluie.


Seuls au sommet de la tour, nous essayons de repérer notre camping d'après la carte...

vue Kaysersberg depuis la tour

La pluie semble bien installée ce soir. Nous expérimentons une première pour le montage de la tente : on bâtit tout d'abord la toile extérieure imperméable, puis lorsque c'est fait, on monte en dessous la paroi intérieure, à l'abri de l'eau. L'opération se révèle plutôt efficace, nous sommes contents de cette nouvelle expérience.Nous profitons ensuite de chaque accalmie pour filer à la douche, ranger nos affaires, ...

camping Kaysersberg

Nous abandonnons l'idée du repas lyophilisé pour nous réfugier à la pizzéria juste à côté, avant une nuit bercée par les gouttes de pluie sur la tente.




26 juillet 2024

jour 5 - de l'abri de Kutzig Buech au camping des Trois Châteaux

 


  • D+: 384 m
  • D-: 1040 m
  • distance : 18,3 km
  • temps de marche : 7 heures 14 minutes

 

Nous prenons notre temps ce matin, et quittons à regret ce site, ce sera le meilleur bivouac de la semaine, nous en sommes sûrs car désormais, on va rejoindre la vallée et les sites seront moins sauvages.

Pour l'heure, nous découvrons un à un le rocher des reptiles, le rocher des géants, le rocher des titans ou encore le rocher pointu. Chaque forme est étonnante et il faut chercher le bon angle pour reconnaître parfaitement la forme évoquant son nom...

rocher des reptiles

rocher des titans

rocher pointu

Nous passons aussi le long de l'étonnant mur païen, il fait 2300 mètres de long mais son origine est controversée, ajoutant encore à la légende de ce lieu.

mur païen

 Arrivés à l'extrémité de ce site mémorable, qui présente bien d'autres rochers ou encore des vues sur le Haut-Koenigsbourg et la vallée, il nous faut redescendre. En chemin, je ressens soudain une vive douleur au mollet : Isabelle, qui arrive derrière moi, voit un nid de guêpe un peu abîmé, en plein milieu du sentier, elle l'évite prudemment. Heureusement que nous ne nous sommes pas fait attaquer par l'essaim entier. Entre cette guêpe et les cinq tiques qu'on aura retirées, on peut dire qu'on aura pratiquement une piqûre par jour durant notre périple.

Nous prenons notre casse croute au niveau de l'abri du Taennchel. Nos réserves en eau sont très faibles, et nous décidons de partir à la recherche des sources marquées sur la carte, comme la fontaine du Chevreuil. Nous trouverons surtout des zones humides, pas suffisante pour récupérer de l'eau. Mais finalement, victoire, une mini-source fait notre bonheur !

source

Il y a beaucoup de sentiers mais nous parvenons tout de même à trouver le château de Haut Ribeaupierre, seule une tour et un mur sont encore présents.

château Haut Ribeaupierre

 Les touristes les plus courageux sont montés jusqu'ici depuis Ribeauvillé, c'est l'occasion pour nous de demander à l'un d'eux de nous prendre tous deux en photo...

I & B

L'étape suivante est le château de St-Ulrich, assez bien conservé et en visite libre. Un escalier en bois permet d'accéder au sommet de la tour carrée, d'où l'on a une belle vue sur Ribeauvillé et la plaine d'Alsace.

château St-Ulrich

château St-Ulrich

Nous ne visitons pas le château Girsberg faute de temps, car nous voulons aussi découvrir le chemin de croix qui mène au monastère N.D. de Dusenbach. En arrivant sur place, nous sommes accueillis par des Alleluias, le site est sonorisé en extérieur et nous profitons d'un extrait de la célébration de mariage qui a lieu en ce moment.

Le sanctuaire est magnifique, tout comme le chemin de croix qui y mène, creusé dans la roche.

NB de Dusenbach

NB de Dusenbach

chemin de croix

La journée a été longue et nous sommes contents de nous installer au bien nommé camping des trois châteaux, un lieu bien sympathique perdu en pleine nature.

Ce soir, nous profitons du restaurant "Le Mouton" à Ribeauvillé, mais il n'y a ni mouton ni agneau au menu. Nous savons que nous allons rater la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques, ce qui explique peut-être que les rues sont désertes. Tant pis, nous la regarderons plus tard en replay, et je participerai aux jeux paralympiques en tant que volontaire, j'aurai donc l'occasion de baigner pendant 11 jours dans l'ambiance festive et enchantée de ces Jeux !

Ribeauvillé

dessert






25 juillet 2024

jour 4 - du camping de Fénarupt à l'abri Kutzig Buech

 


  • D+: 893 m
  • D-: 387 m
  • distance : 18,7 km
  • temps de marche : 6 heures 47 minutes

 

Ce matin, nous ne nous attardons pas trop dans notre camping fantôme, de peur de croiser le propriétaire que nous a décrit notre voisin d'une nuit. Nous descendons à Sainte-Marie-Aux-Mines et faisons quelques emplettes (un concombre et quelques fruits pour ce midi) au super U. Celui-ci a été installé sur l'emplacement de l'usine de tissage Reber / Blech. Un panneau explicatif très intéressant nous explique que la ville était connue pour ses mines d'argent, mais aussi pour ses usines de tissage. Celle qui se trouvait ici a malheureusement été détruite en 1987 après plus de 200 ans d'activité, seul le porche d'entrée a été conservé. A noter que Super U a choisi de stocker ses caddies juste en face du porche, ce qui n'est pas du meilleur goût, n'importe quel autre emplacement mettrait bien mieux en valeur ce souvenir du passé.

fronton usine Blech

Nous quittons la ville en montant sur l'autre versant, côté sud, en passant par Fertrupt. Arrivés au lieu dit "Le Petit Haut", nous entendons des rires et de la musique. On s'approche et on découvre toute une bande de jeunes en train de faire des sentiers avec des pelles, de construire des stands en bois, des scènes, une fourmi majestueuses, dans une ambiance cool et joyeuse.

scène Eciton
fourmi Eciton

Une des organisatrices vient à nous et nous fait visiter, il s'agit du festival de musique Eciton qui aura lieu ici ce weekend. Elle nous autorise à faire des photos, à condition qu'on ne les publie pas sur les réseaux avant l'ouverture. Elle nous invite même à rester avec eux, il y a un spectacle gratuit ce soir pour les habitants du coin, mais nous déclinons poliment : on n'est que le matin, on a envie de marcher !

Nous nous arrêtons vers 12h30 pour le repas dans une clairière un peu avant la Croix de Ribeauvillé, deux quiches aux lardons et deux tomates achetées ce matin. Cette pause est l'occasion d'enlever une nouvelle tique, puis d'observer une lepture rouge et un crapaud.

 



Nous faisons un point sur l'itinéraire et nous nous rendons compte qu'il n'y a aucune source sur les hauteurs, on ne tiendra pas jusqu'à demain avec seulement 2 litres d'eau. Je décide donc de redescendre en courant sur environ 3 kilomètres, jusqu'au ruisseau que nous avions aperçu une heure plus tôt. A peine mes deux gourdes remplies, arrive une voiture, sans doute la seule de la journée. Je fais de grands signes et le conducteur s'arrête, il me remonte jusqu'à notre clairière où il va promener son chien. Isabelle est très surprise de me voir revenir après seulement 20 minutes.

Nous entrons dans le massif du Taennchel, connu pour ses rochers aux formes bizarres, associés à de nombreuses légendes. La forêt est magnifique, des arbres majestueux, des mousses multicolores qui nous rappellent notre récent trek en Islande, et bientôt nos premières surprises : le rocher des trois grandes tables,que l'on gravit par des échelles pour découvrir au sommet ses anneaux qui auraient servi aux navigateurs préhistoriques à amarrer leurs bateaux...

Rocher trois grandes tables

Rocher trois grandes tables

 Un peu plus loin, les trois petites tables, vraiment étonnantes.

Rocher trois petites tables

Nous parvenons à l'abri de Kutzig Buech, un site magnifique en forêt avec un abri, plusieurs tables, des bancs, et même un feu qui sommeille encore, les visiteurs précédents ne se sont pas donnés la peine de l'éteindre. Ce n'est pas dans nos habitudes de faire du feu, mais puisque celui-ci est déjà allumé, nous décidons de l'entretenir jusqu'au repas...

abri Kutzig Buech

feu

Il y a quelques brimbelles aux alentours, nous faisons une petite récolte qui nous permet de profiter d'un dessert inédit : des crêpes au coulis de myrtilles !

crêpes au coulis myrtilles

 Nous terminons la soirée par un petit aller/retour à plat jusqu'à un point de vue indiqué au dessus de la source des Corbeaux, on y trouve un autre lieu de bivouac, que choisira d'ailleurs un papa et ses deux enfants arrivés très tard sur le site. Un peu égoïstement, nous sommes ravis d'être seuls avec cet immense parterre rien que pour nous ce soir.



24 juillet 2024

jour 3 - de l'étand du Devin au camping de Fénarupt

 


  • D+: 687 m
  • D-: 1178 m
  • distance : 24,1 km
  • temps de marche : 9 heures 00 minutes

 

 La pluie a cessé pendant la nuit, pour le petit déjeuner nous pouvons enfin profiter de la table qui se trouve juste à côté de notre tente. Nous replions un équipement humide en espérant pouvoir le faire sécher dans la journée, mais bien sûr nous oublierons totalement cette bonne intention durant la pause du midi. 

Nous nous occupons aussi d'un nouveau fléau à prendre en compte depuis quelques années : les tiques ! Après Isabelle hier, c'est moi qui suis piqué, heureusement nous avons toujours le tire-tique dans la trousse à pharmacie.

C'est finalement sous un beau ciel bleu que nous reprenons notre route en direction du Bonhomme puis de Sainte-Marie-aux-Mines. Nous sommes ébahis par un engin forestier qui a une productivité impressionnante : une seule personne peut couper un pin, élaguer les petites branches et le tronçonner en morceaux réguliers de 3 ou 4 mètres, comme on le voit sur cette petite vidéo :


Nous arrivons au village "le Bonhomme", jusqu'à présent nous connaissions surtout le col éponyme. Ce retour à la civilisation nous ravit : tout d'abord nous faisons un petit détour à la boulangerie ; un peu plus loin nous restons en admiration devant un potager parfaitement entretenu, le propriétaire se présente et nous engageons une conversation amicale. Il nous permet de remplir nos gourdes, ce qui tombe bien car il n'y a pas de fontaine au village.

le Bonhomme

L'étape suivante est le col des Bagenelles, c'est aussi le début de la route des Crêtes. Cela nous rappelle notre rando de 8 jours dans les Hautes Vosges en 2020, nous étions alors presque à l'autre extrémité, du côté du Grand Ballon. Cet emplacement nous offre une jolie vue vers le nord sur la vallée de la Lièpvrette, ainsi qu'un bel emplacement pour le repas du midi avec nos viennoiseries.

vallée Lièpvrette

Nous passons la Roche des fées, un site intéressant mais d'accès difficile en raison de nombreux arbres déracinés. Ici encore, la forêt porte toujours les stigmates de la Grande Guerre, nous voyons des dizaines de monticules adossés à des trous, témoins des obus qui ont dû s'abattre ici il y a plus de 100 ans.

Par le GR 531, nous arrivons facilement à l'arbre de la Liberté, un site magnifique qui pourrait constituer un lieu de bivouac parfait, même par temps de pluie puisqu'une cabane confortable et bien entretenue s'y trouve aussi. C'est d'ailleurs l'emplacement que j'avais prévu au troisième jour.

arbre de la Liberté

cabane arbre de la Liberté


Cependant, nous avançons plus vite que prévu : il n'est que 14h30, bien trop tôt pour nous arrêter car nous sommes en super forme, et nous décidons de continuer, si possible jusqu'à Sainte-Marie-Aux-Mines. Nous repartons donc plein nord, en suivant les bornes en granit numérotées qui symbolisent la première annexion allemande de 1870, elles séparent le côté français (marqué d'un F) du côté allemand (marqué d'un D, souvent effacé au burin !).

borne

Nous sommes déçus car au col de Sainte-Marie, il n'y a malheureusement aucun commerce pour prendre une petite collation, le site est juste un grand croisement avec une dizaine de chemins ou routes. Nous décidons alors de continuer jusqu'à la ville, qui dispose de deux campings. Les Reflets du Val d'Argent est un camping avec piscine, mais personne ne répond à nos appels, aussi nous craignons qu'il ne nous accepte pas faute de place. Nous optons donc pour le Fenarupt, un petit camping indiqué sur la carte.

En ville, seul l'autre camping est fléché partout, nous sommes un peu surpris mais nous avons l'adresse exacte et ne nous inquiétons pas trop. Arrivés sur place, nous découvrons un véritable camping fantôme : les sanitaires sont barrés d'un laconique "out of service", il n'y a pas d'eau, et les quelques caravanes ou mobil-homes présents semblent tous abandonnés, comme si tout le monde était parti précipitamment. 

sanitaires abandonnés

 
mobil-home abandonné

Il commence à se faire tard et nous sommes bien fatigués après cette très longue journée de 24 kilomètres. Nous décidons de nous livrer à une activité inédite, le "campex" (comprenez de l'urbex en camping !). Et nous finissons par trouver un robinet d'eau froide qui fonctionne, au bord d'un petit jardin un minimum entretenu. Cela nous suffira, nous installons notre campement au bord du chemin, à côté d'un mobil-home devant lequel se trouve une table et des chaises. Celui-ci n'est même pas fermé à clé, mais une forte odeur de renfermé nous limite à y rechercher une bassine qui nous servira de lavabo.

Ce n'est pas vraiment la douche chaude que nous espérions, mais nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur, et nous réjouissons finalement de ce site complètement inattendu, avec fauteuils !

bivouac au camping

Vers 21 heures, avant de nous coucher, et alors que tout était calme, de la musique très forte émane de la maison située à une vingtaine de mètres de l'entrée. Nous nous disons que c'est quand même incroyable de subir des nuisances sonores dans un camping vide.

Un peu plus tard, dans la nuit, un 4x4 plein phares débouche subitement et s'arrête juste devant notre tente. Un homme en sort, sa frontale m'éblouit complètement, j'hésite sur la conduite à tenir ! Je décide d'aller à son devant et je lui dit "Excusez nous, on s'est peut-être installés chez vous, on n'a vu personne". Il me répond "pas du tout, j'habite juste en face, pas de problème". Il nous explique alors que le propriétaire du camping n'est pas commode, surtout quand il met la musique à fond, et rentre chez lui, dans une cabane attenante au jardin où nous puisons de l'eau ! 

Nous n'avons guère le choix, il fait nuit, nous décidons de dormir, heureusement la musique s'arrête assez vite et la nuit restera calme, mais quelle aventure !

 


23 juillet 2024

jour 2 - du collet du Linge à l'étand du Devin

 


  • D+: 615 m
  • D-: 693 m
  • distance : 17,4 km
  • temps de marche : 7 heures 05 minutes

 

Après un réveil matinal (pour nous en tout cas...) à 7 heures, nous levons le camp une heure plus tard, à la fraîche ! Nous prenons la direction du lac Noir en rattrapant le GR 532. Pour prolonger notre devoir de mémoire, de nombreuses casemates, tranchées, carrières et fortifications sont conservées et mises en valeur par des panneaux explicatifs ou encore des circuits historiques.

 

panneaux

tranchée

Nous trouvons une borne-fontaine au niveau du carrefour des Hautes Huttes, elle fonctionne parfaitement et dispose même d'une gamelle pour les chiens, elle est la bienvenue car depuis le départ nous n'avons rencontré aucun cours d'eau ! Le lac Noir n'est plus très loin, nous n'y restons pas beaucoup car le vent est fort et le lac en contrebas, néanmoins la vue est jolie et mérite une petite photo.

lac Noir

Nous arrivons au lac Blanc par un sentier facile et inédit pour nous : d'habitude nous y accédons par les sommets de la route des crêtes, ce qui demande un peu plus d'efforts. Nous nous y arrêtons pour le pique nique du midi, sans oublier de déguster une tarte aux myrtilles au Mille Mètre, le restaurant bien nommé qui se trouve juste à côté.

lac Blanc

Nous reprenons notre route en longeant le lac Blanc puis nous montons au col du Calvaire où se trouve une petite station de ski. C'est aussi le point le plus éloigné que nous rejoignons parfois lors de balades dominicales, depuis le col de la Schlucht via le gazon du Faing. Nous continuons à monter en direction de la Tête des Immerlins, afin de franchir le seuil des 1200 mètres d'altitude. Nous passons par un plateau où nous trouvons des digitales aussi grandes qu'Isabelle, ainsi que quelques brimbelles. Attention, les premières sont toxiques mais les secondes sont excellentes ! 

Isabelle et digitales

Bernard et brimbelles

Au carrefour Duchesne, nous arrivons à une dernière nécropole en pleine forêt, très bien entretenue, avec des allées en gravier et même du gazon. Ces soldats reposent en paix, nous en sommes sûrs !

nécropole

Nous quittons le GR 532 pour le GR5 qui nous amène maintenant à la tête des Faux, un site assez sauvage surmonté d'une croix et entouré de blockhaus, voire de barbelés. Même les bûcherons sont pris par le souvenir de cette guerre et ont reproduit une meurtrière.

Tête des Faux

barbelés

meurtrière

Nous parvenons à la roche du Corbeau, qui constituait un point d'observatoire des allemands. C'est assez surprenant car aujourd'hui, avec des arbres tout autour, on ne voit pas à plus de 10 mètres ! L'étape suivante est tout aussi étonnante : il s'agit d'un énorme bloc de béton avec une sorte de cave et des pièces attenantes. Heureusement, un panneau explicatif est là : il s'agit de l'arrivée d'une ancienne gare de téléphérique reliant Lapoutroie à 3 kilomètres. De là partait un funiculaire jusqu'à la tête des Faux où nous étions une heure auparavant. Il est incroyable et bien triste qu'autant d'ingénierie ait été mise au service de la guerre.

arrivée téléphérique

Nous arrivons bientôt à l'étang du devin, un site très calme avec ses tourbières, et bien sûr son abri de guerre qui servait autrefois de centrale électrique. Nous décidons de nous y arrêter, l'abri nous sera d'ailleurs très utile car il pleuvra copieusement dès la tente montée, nous pourrons manger au sec avant de dormir.

étang du Devin