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15 juillet 2014

Pyrénées catalanes 2014 jour 5. Llat - Pic Carlit - Lanoux - Portella Grava - Bouillouses - Llat

  • D+: 1569m
  • D-: 1569m
  • distance approximative : 29 km
  • temps avec les pauses : 12 heures 03 minutes
Tout le monde décrit la montée au pic Carlit comme une autoroute, les pêcheurs nous ont expliqué qu'il faut parfois faire la queue à proximité du sommet pour pouvoir franchir les passages difficiles. Je décide donc de me lever très tôt, je prends mon café dans l'obscurité et je décole à 6h36, exactement au lever du jour.

lever soleil Estany Llat

Je rejoins facilement le sentier balisé repéré la veille, les nuages sont encore présents dans la vallée.

Estany de la Comassa et Estany Sec au matin

La montée vers le pic Carlit d'est en ouest est vraiment splendide, surtout le matin : quel que soit l'endroit où on se trouve, on a le pic en ligne de mire, parfaitement éclairé.

pic Carlit au matin

Un pont de bois permet d'enjamber le ruisseau reliant l'Estany Bailleul à l'Estany Long, puis le sentier commence à monter dans la verdure. Des randonneurs ont choisi un lieu de bivouac un peu ombragé mais plutôt sympa question point de vue...

bivouac vue vallée

Aucune difficulté pour l'instant, on arrive facilement au dessus de l'Estany de Sobirans à 2400 mètres d'altitude.

Estany de Sobirans

Devant moi, le pic Carlit est majestueux. On voit très bien le début et la fin du sentier, mais entre les deux je ne sais pas encore par où je vais passer. Un panneau indique l'accès difficile au Carlit, il est possible de retourner à Bouillouses par la boucle des 12 lacs.

vers Pic Carlit

panneau pic Carlit

A partir de cet endroit, la verdure fait place aux rochers et à la neige, mais par un temps aussi calme il n'y a pour l'instant pas vraiment de difficulté : on contourne la neige par la gauche et on accède au pic par le flanc.

sentier Carlit névé
neige Carlit
montée encore facile

En direction du sud-est, je peux voir le plateau où nous étions hier, en direction de la Coma dels Forats.

mer de nuage vue vers Coma del Forats

L'accès final est un peu plus délicat et demande quelques pas aériens. C'est sans doute par ici qu'il faut attendre son tour en cas de forte affluence, mais ce matin je n'ai pas encore vu âme qui vive.

rochers Carlit

sentier rochers Carlit

J'arrive au sommet à 9 heures, en même temps qu'un groupe de trois personnes qui viennent de l'ouest. La vue est à 360°, je m'amuse à prendre des photos sur la totalité de l'horizon. Il en faut 10, voici les plus remarquables.

vers lac des Bouillouses

croix au sommet du Carlit

lac Lanoux

La présence des trois personnes nous permet d'échanger mutuellement la photo souvenir...

Bernard au sommet du Pic Carlit

Il est encore tôt, j'ai des fourmis dans les jambes aussi je décide de repartir. Mais faire demi-tour ne me plait pas trop, mon sac est vraiment léger en comparaison des autres jours, et je pense que j'ai le temps de faire la grande boucle étudiée avec Christine la veille : descendre jusqu'au lac Lanoux, le longer, puis revenir jusqu'à Bouillouses par le GR 10. Mais pour cela je ne dois pas trainer, il n'y a à priori pas de difficulté particulière mais la route est longue...
...Et elle commence par un vaste pierrier, à l'ombre et dans le vent. Autant la montée était agréable par la face est, autant cela doit être laborieux du côté ouest, je vous laisse juger par vous-même.

descente ouest Carlit dans pierrier

De mon côté, il ne me faut guère plus d'une demi-heure pour dévaler les 450 mètres jusqu'à l'Estany dels Forats. Il n'est que 10 heures mais j'ai une faim de loup, je décide d'y faire ma pause pic nic en admirant les icebergs qui subsistent encore.

glace sur Estany dels Forats

iceberg sur Estany dels Forats

Au moment de repartir, je remarque un trait au crayon sur la carte, signe d'un itinéraire hors sentier repéré par Christine sur internet. Depuis le lac, il prend plein nord jusqu'au Rec dels Forats, puis il suit ce ruisseau vers l'ouest pour rejoindre le sentier. J'étais décidé à suivre les sentiers aujourd'hui car étant seul, mais cette petite escapade me parait facile, aussi je quitte les traces et rejoins facilement le ruisseau au nord. Il serpente à travers la prairie, je me dis qu'un bivouac ici aurait pu être bien sympathique...

hors sentier sur rec dels Forats

hors sentier sur rec dels Forats

Un peu plus bas, le ruisseau s'engage dans une gorge, c'est plus étroit mais ça passe sans trop de difficulté.

hors sentier sur rec dels Forats 4 (vue arrière)

Il me reste à traverser le ruisseau pour rejoindre le sentier, je choisis d'enlever mes chaussures pour éviter les floc-floc par la suite.

traversée rec dels Forats

A l'approche du lac de Lanoux, je choisis de descendre pour emprunter le sentier qui passe sur le barrage. Il faut pour cela rejoindre le sentier venant de Porté Puymorens, passer au pied du barrage et remonter de l'autre côté. Le mur est impressionnant, pas une goutte d'eau ne s'écoule par ici.

pied barrage Lanoux

Je suis un peu inquiet car il n'y a personne dans les parages, et en particulier aucune silhouette sur le barrage. A juste titre, car je tombe sur une solide porte en fer, avec un cadenas tout aussi solide.

sentier GR fermé sur barrage Lanoux
cadenas sur barrage de Lanoux

Je me dis que ma carte IGN doit être trop ancienne, pourtant elle date de 2011. Il n'y a aucune possibilité de passer et je dois donc faire demi-tour, cela me fait perdre une heure. Je trouve des employés EDF au niveau des installations, et je leur demande pourquoi le GR est fermé. Ils m'expliquent qu'on ne peut plus traverser pour des raisons de sécurité, et que le passage est interdit depuis environ deux semaines ! Je n'ai donc pas de chance, mais surtout je trouve que l'endroit manque vraiment de panneau explicatif.
Je suis donc obligé de revenir à peu près jusqu'à l'endroit où j'avais rejoint le sentier. Je dois traverser à nouveau le Rec del Forats avant qu'il se jette dans l'étang, puis je suis avec attention les marques. Je passe près d'un vieux pluviomètre, qui me rappelle de bons souvenirs l'an dernier dans le Mercantour, du côté de la brèche Borgonio.

pluviomètre (souvenirs...)

Je domine ensuite le lac Lanoux, plus grand lac des Pyrénées mais pas le plus fréquenté : comme au barrage, il n'y a vraiment personne par ici...

lac Lanoux sud
Lac Lanoux nord

Je rejoins le GR 10 à la cabane du Rouzet, propre et bien entretenue mais au sol un peu dur. C'est en tout cas la seule cabane à peu près satisfaisante pour une nuit que j'aurai pu voir durant cette rando.

Cabane de Rouzet lac Lanoux

table cabane Rouzet

Je discute avec un groupe de jeunes qui arrivent d'En Beys et prennent leur repas de midi (normal, il n'est que 13h30). Ils n'ont pas vu grand monde non plus, et vont comme moi jusqu'à Bouillouses, ce qui me rassure un peu. Sauf que j'aurai ensuite à remonter jusqu'à Llat, et que j'en ai déjà plein les jambes. Il faut pour cela commencer par franchir la Portella de la Grava, ce qui s'avère très facile car le terrain herbu est absolument idéal.

montée facile vers Portella de la Grava

Je trouve un peu de réseau pour le première fois depuis Carlit, et j'en profite pour envoyer un SMS à Christine qui m'attend en bas. Le col est immense, on pourrait y faire un terrain de foot.

Portella de la Grava

Je redescends rapidement vers l'Estanyol, puis découvre la longue marche qui m'attend en suivant le Rec de la Grava puis la Têt jusqu'à Bouillouses.

l'Estanyol

descente longue vallée de la Tet

Le sentier est souvent martyrisé par les animaux, l'eau et peut-être aussi les randonneurs, aussi je n'avance pas aussi vite qu'on pourrait le penser...

sentier boueux

Heureusement, il finit par s'assécher, et passe dans une pinède avec des mares qui ne sont pas sans rappeler les pozzines du lac Nino en Corse.

sentier facile (vue arrière)

près du rec de la Grava
presque un coeur...

J'arrive enfin au bout de cette vallée et rejoins le sentier qui monte aux Camporells vers le Nord. Il me faut maintenant longer le lac des Bouillouses, le sentier ombragé est agréable mais très long lui aussi, surtout quand on marche depuis une bonne dizaine d'heures.

lac des Bouillouses îlet

Arrivé au barrage, je n'ai plus qu'une envie, rejoindre le plus rapidement possible Llat pour ôter mes chaussures et manger, car j'ai sous-estimé le nombre de barres à emporter en plus du pain-saucisson de ce matin...
Je croise alors des centaines de personnes qui redescendent au parking. Moi qui n'avais pas vu grand'monde de la journée, je suis servi ! Impossible de dire "bonjour" ou même "bonsoir" à tout le monde... Une petite photo rapide à chaque lac, et j'arrive sain et sauf à 19 heures à notre campement. Christine n'a pas reçu mon SMS, son portable ne captait pas...

Estany del Viver
Estany Negre

Estany de la Comassa
Estany Sec

12 août 2011

Hautes Pyrénées 2011 Jour 7. circo de Cotatuero - faya de las flores - faja Escuzana - Sausse

  • D+: 1191m
  • D-: 1632m
  • distance : 19 km
  • temps avec les pauses : 13 heures 22 minutes
Au matin, la lumière est différente mais le lieu est toujours enchanteur.

Cotatuero matin


Il y a une petite mare à proximité de notre campement. En m'approchant, je suis surpris par les reflets très réalistes de la montagne dans l'eau.

reflets mare


A nouveau, une longue journée nous attend, avec une difficulté supplémentaire : notre carte d'Espagne est bien moins précise que la carte IGN au 1/25000 que nous utilisons en France. Et nous avons prévu de passer par deux vires, corniches sur le flanc d'une paroi rocheuse, où nous n'aurons pas droit à l'erreur. Nous avons bien noté le topo de randonneurs précédents sur Internet, mais bizarrement tout le monde fait le circuit dans l'autre sens...

Pour l'heure, il s'agit de trouver l'entrée de la première vire, le côté est de la faja de las flores, que nous voyons à l'horizon (flêche ci-dessous).

Cotatuero panoramique


Nous arrivons facilement à la cabane (très peu confortable, surtout par rapport à notre bivouac de rêve) et au piquet signalé par d'autres randonneurs sur le Net.

cabane

piquet


Il s'agit ensuite de traverser un nouveau lapiaz, avec quelques cairns et deux isards pour nous guider.

isard

isards zoom.jpg


Nous trouvons l'entrée de la vire, signalée par un tapis d'edelweiss. J'ai un peu d'appréhension devant le vide du canyon d'Ordesa. Christine en profite pour vérifier ses messages, enfants oblige, mais comme d'habitude, pas de réseau...

canyon d'Odesa pas de réseau


Un premier virage et nous voyons ce que nous attend : 3,5 km de parcours horizontal, avec faux pas interdit, plutôt impressionnant mais sans réelle difficulté par beau temps.

début faja de las flores


Après chaque virage, c'est la surprise, on découvre au dernier moment la suite du sentier.

faja de las flores

Christine faja de las flores

faja de las flores falaise

faja de las flores


Par moment, le sentier se fait un peu plus large et passe à l'ombre des rochers. On y trouve même un emplacement de bivouac à l'abri de la pluie...

Bernard faja de las Flores

Christine sur faja de las Flores


Nous quittons ce passage magnifique, après avoir croisé au total une dizaine d'Espagnols, qui font sans doute la longue boucle depuis le fond du canyon d'Ordesa. Vers midi, nous arrivons donc à l'extrémité ouest de la vire, et découvrons un lieu de pic nic idéal : l'Aguas Tuertas au fond du cirque de Salarons.

fond du cirque de Salarons - Aguas Tuertas


Ce cirque est parcouru par de petits ruisseaux aux nombreux méandres. Nous somme surpris par le courant, qui se dirige vers la montagne. En fait, l'eau se déverse dans une cavité rocheuse, elle doit ressortir à l'air libre quelque part dans le canyon.

Après le repas, il nous faut à nouveau chercher notre chemin, qui n'est pas forcément celui des isards.
Nous repérons facilement le Mondarruego, une montagne de cailloux de 2848 mètres, et nous dirigeons vers le col côté nord. Il nous faut traverser successivement l'Aquas Tuertas, puis une pente herbeuse, puis une pente caillouteuse à la limite des lapiaz. On voit bien le chemin parcouru sur cette photo, avec l'entrée de la faja de las Flores sur la droite du pico de Salarons, les zones herbeuses, et la montée parmi de très rares cairns.

montée vers col Mondarruego pico de Salarons


Arrivés au col, l'aller retour sans sac à dos vers le sommet du Mondarruego se fait en une demi-heure.

Mondarruego


Une fois de plus, le doute nous assaille : allons-nous trouver le deuxième passage, la vire de l'Escuzana ? En effet, le sentier qui descend maintenant vers l'ouest semble aboutir directement sur un précipice.

descente vers faja Escuzana


Ouf, nous repérons un cairns puis un autre et nous trouvons sans difficulté l'entrée de la vire, juste à gauche de la pente herbeuse.

Nous ne pouvons nous empêcher de comparer les deux vires. Celle-ci est plus courte (1300 mètres), plus pentue, moins impressionnante mais plus variée. Elle est aussi moins connue, nous n'y croisons absolument personne. Enfin, un point commun : les deux vires sont magnifiques et méritent le détour, si on ne craint pas les passages délicats et si on n'a pas peur de se perdre.

Bernard faja Escuzana

faja Escuzana


On y trouve même un passage équipé (un peu superflu cette corde compte tenu de ce que nous avons franchi par ailleurs), ainsi que deux petites cascades qui permettent de prendre une douche originale.

Bernard descend faja Escuzana

Christine faja Escuzana

faja Escuzana

douche faja Escuzana


La sortie de la vire, versant blanc calcaire est facile...

sortie faja Escuzana


... mais une nouvelle difficulté nous attend sur le versant suivant, brun gréseux : la remontée vers le col de Forqueta.

col Forqueta

Heureusement quelques signes nous montrent le bon chemin

signes montée col Forqueta

vers col Forqueta


Nous arrivons enfin au col, après un dernier pas délicat. Depuis le col, dans l'autre sens, le début du passage ne saute pas aux yeux. Il faut repérer le petit cairn (flêche ci-dessous) et oser se lancer...

cairn début passage


Ce col nous offre un point de vue sur le parcours que nous venons de réaliser (cliquer sur la photo pour agrandir et voir les pointillés)..

panoramique faja Escuzana


La descente du col est à nouveau très raide et laisse Christine perplexe.

Christine col Forqueta


Mais le sentier est bien tracé et c'est finalement bien plus facile que la montée. La suite vers Port Boucharo et le retour en France n'est plus qu'une formalité, même si la fin du sentier dans les éboulis est là encore difficile à trouver. Cela ne nous gène pas trop puisque le col est facile à repérer, mais dans l'autre sens cela doit être plus délicat.

Depuis Port Boucharo, nous regagnons le parking du col des Tentes ... par la route ! Quel changement après ce que nous avons traversé. Au parking, il est déjà 19 heures et nous hésitons sur la suite : le Lac des Espécières n'est pas très loin du parking, et donc en théorie interdit au bivouac puisqu'à moins d'une heure de la route. De plus, nous sommes en retard sur les étapes prévues, sans doute avons-nous pris trop de photos....

Nous choisissons donc une autre option : demander aux derniers touristes véhiculés s'ils peuvent nous descendre jusqu'au GR10, 500 mètres plus bas. Deux Espagnols acceptent avec gentillesse et nous descendent ... 3 épingles à cheveu trop bas. Nous remontons donc par la route, puis prenons le GR10 en direction de l'ouest.

Le soleil se cache à 20 heures, lorsque nous arrivons à la cabane des Tousaus. Cette cabane ne contient qu'une table et deux bancs, sur un sol en pierre. Cela convient à Christine mais je fais la fine bouche : dormir sur la pierre, avec nos tapis de sol pas très épais, cela ne m'enchante pas.

Nous reprenons donc notre marche. Mais il se fait de plus en plus tard et aucun emplacement de bivouac n'est possible : soit la pente est vraiment trop importante, soit les nombreuses vaches ont complètement labouré et sali le terrain. Nous arrivons à 21 heures à la cabane de Sausse-Dessus, en espérant qu'elle soit vide.

Elle est vide mais est encore moins confortable que la précédente : un sol en béton avec un unique lit une place sans sommier (juste des ressorts !)

Au final, nous cherchons à la lampe de poche un emplacement de bivouac entre les bouses de vache, et finissons de nous installer dans la nuit, à presque 22 heures. Le repas du soir se limite à une soupe, nous nous endormons malgré tout très rapidement, en nous disant qu'on a vraiment mal joué ce soir.