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13 juillet 2014

Pyrénées catalanes 2014 jour 3. Les Estanyets - Rec de la Coma dels Forats

  • D+: 282m
  • D-: 412m
  • distance approximative : 5 km
  • temps avec les pauses : 7 heures 24 minutes
Il a encore fait très froid, il faut dire que nous sommes à 2400 mètres d'altitude, et nous attendons le soleil pour nous extirper de la tente. Comme tous les matins, je fais chauffer de l'eau avec notre P3RS (un réchaud à alcool construit avec une boîte de boisson) ; nous gardons le gaz pour la "vraie" cuisine.
Le départ se fait le long des ruisseaux et les lacs asséchés, il faut faire attention où on met les pieds mais c'est très joli.

Bernard ruisseau près du lac les Estanyets

autre lac asséché les Estanyets

Nous arrivons assez rapidement sur une colline appelée "Les Toses" où des chevaux et des vaches paissent tranquillement.

Chevaux - les Toses

Le berger n'est pas loin et vient à notre rencontre avec son patou. En fait c'est une jeune bergère, très aimable, et nous prenons plaisir à discuter un peu, il faut dire que nous n'avons rencontré absolument personne depuit le village de Porté Puymorens. Elle nous décrit les nuits très froides en ce moment, c'est la première fois qu'elle monte aussi haut dans les pâturages depuis le printemps, car elle sait que le temps va se radoucir, c'est une bonne nouvelle pour nous. Elle nous parle aussi des marécages aux alentours, tellement nombreux qu'on leur a donné un nom, les mouillères. C'est la plaie des bergers car il est difficile de récupérer les animaux qui s'y engagent, ceux-ci peuvent se blesser ou même y rester coincés...
Nous arrivons facilement en vue de l'Estany de Coll Roig, ou encore lac du col rouge, du même nom que le puig occidental juste derrière, on comprend pourquoi...

Estany et Puig occidental de Coll Roig

L'abri indiqué sur la carte a disparu, et il n'y a pas vraiment d'emplacement de bivouac. De ce point de vue, le petit lac des Estanyets où nous étions cette nuit est bien plus accueillant. Il n'y a pas d'abri mais, bien visible, un tracteur ! Il a du être hélitreuillé jusqu'ici, afin de construire un nouvel abri ?

tracteur à Coll Roig

Quelques mètres après le lac, nous découvrons la suite de l'itinéraire : un terrain moins sympathique, avec pas mal de pierres et de rhododendrons à enjamber.

vue pierrier à traverser

Mais ce n'est rien à côté de ce qui nous attend un peu plus loin... Les dénivelés ne sont pas très importants, mais la progression est très difficile, surtout pour Christine qui a tendance à perdre l'équilibre en ce moment. Au bord du désespoir, et se demandant ce qu'on fait là, pourquoi on n'a pas suivi un chemin bien balisé avec des gros cairns, on s'octroie une petite pause.

Christine dans pierrier

Après 3 heures de galères, on arrive enfin en vue d'une zone plus hospitalière, à proximité du Rec de la Coma dels Forats, un gros ruisseau qui descend du nord. Il n'y a pas âme qui vive à des kilomètres à la ronde, et de plus les nuages commencent à bourgeonner. On n'hésite pas une seconde et on monte le campement, sans attendre les 19 heures réglementaires...

bivouac au bout du pierrier

J'en profite ensuite pour aller explorer la suite de l'itinéraire, car deux options s'offrent à nous. La première est de descendre le long du ruisseau vers l'est (puis plein nord vers l'Estany Llat). Une courte marche d'approche me montre que c'est possible, mais qu'il faut traverser une forêt, pourtant absente de la carte.

vue vers bas du rec de la Coma dels Forats

La deuxième option est de continuer vers le nord est, en passant à l'ouest dels Forats. Il faut pour cela remonter environ 150 mètres, je n'hésite pas car le terrain est facile, et je ne regrette pas mon choix car je vois successivement 3 groupes d'isards, 9 en tout ! Bon, question photo, on a vu mieux, il faut zoomer...

4 isards vers els Forats

Au retour, je peux voir le pierrier qu'on a traversé cet après midi. Il est impossible à contourner, on n'avait pas d'autre choix que de traverser...

vue du pierrier traversé

J'ai aussi trouvé 2 rosés des prés, ils passent aussitôt à la casserole et agrémentent les nouilles aux crevettes prévues pour ce soir.

champignons et plat asiatique

Pas de feu d'artifice ni de coupe du monde de foot pour nous ce soir, il fait trop froid et de toute façon, on est tellement isolés qu'on ne risque pas de voir la moindre étincelle ni de capter un quelconque réseau mobile.

12 juillet 2014

Pyrénées catalanes 2014 jour 2. Pied de el Punxo - les Estanyets

  • D+: 461m
  • D-: 378m
  • distance approximative : 6 km
  • temps avec les pauses : 6 heures 15 minutes
La nuit a été bien froide pour un mois de juillet, heureusement nous avons un bon équipement. Christine a dormi pratiquement 13 heures, de mon côté j'ai eu plus de mal à me réadapter au sol un peu dur sous nos maigres tapis de sol.
Avant le départ, nous prenons le temps de bien étudier la carte afin de ne pas nous tromper à nouveau. La Serra de la Portella de Bac d'Ortella constitue un rempart bien identifiable au nord, par contre au sud la montagne descend en pente douce et il est difficile de trouver des points de repères clairs. Une chose est sûre, nous devons aller vers l'ouest pendant longtemps, jusqu'à croiser le sentier qui monte au lac des Estanyets.
Ce matin, le ciel est nuageux mais il ne pleut pas, nous gardons les polaires.

en route

Il n'y a pas de sentier mais la progression est facile pour l'instant : peu de dénivelé, des plaines herbeuses, quelques rochers ici et là. La principale difficulté consiste à contourner les zones humides, voire marécageuses, très fréquentes dans cette région. A midi, nous parvenons au bord d'un ruisseau qui constitue un excellent lieu de pic nic.

rhododendron vers La Tosa

Comme souvent en montagne, les nuages arrivent en début d'après midi. Il ne faisait déjà pas chaud sous le soleil, là ça devient frigorifique et Christine prend ses précautions.

Christine a froid

Soudain, sorti de nulle part, nous voyons apparaitre un sentier que nous suivons, pensant arriver ainsi facilement au lac.

Christine sous Serra de la Portella de Bac d'Ortella

Après quelques minutes, nous nous rendons compte que ce sentier aboutit en fait au même endroit (c'est à dire nulle part...). Nous avançons bien moins vite que d'habitude, car il nous faut souvent étudier la carte, l'altimètre et la boussole ; le lac n'est pas encore là. A proximité d'un autre ruisseau, nous voyons un emplacement de bivouac possible et Christine s'arrête pour se reposer. De mon côté, je suis un peu frustré car, au bout de 2 jours, on n'a pas réussi à faire ce qu'on avait initialement prévu pour une journée. D'autant plus qu'on doit retrouver Michel, un collègue de bureau, au bord d'un lac pour une petite truite-party dans deux jours.
Je décide donc de gravir le monticule suivant et, ô miracle, j'arrive en moins de 10 minutes au lac tant attendu. Les abords sont plutôt agréables et je redescends chercher Christine qui prend son courage à deux mains pour repartir.

vue lac les Estanyets

Le lac est tout petit et peu profond, il fait partie d'une série de 4 lacs et reste le seul à être encore en eaux, les autres sont transformés en marécages. Un peu au dessus du lac se trouve un emplacement idéal pour le campement, à côté du ruisseau qui relie ce réseau.

campement lac les Estanyets

ruisseau lac les Estanyets

Le soleil refait même son apparition, ce qui est vraiment bienvenue pour notre repas du soir. Mais il se rapproche inéluctablement de la montagne, et nous savons qu'il faut faire vite car la température chute très brutalement dès qu'il disparait. Dès lors, une seule solution, se réfugier dans les sacs de couchage et dormir le mieux possible.