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11 août 2026

Pyrénées 2026 jours 6, 7 et 8 : de Fontpédrouse à Latour-de-Carol

     


  • D+: 555 m
  • D-: 470 m
  • distance : 25,6 km
  • temps de marche : 9 heures 20 minutes

 

Ces trois derniers jours correspondent à des vacances plus classiques, avec nuit en camping, visites diverses, baignades, et bien sûr la fameuse éclipse. Ils ne correspondent donc pas vraiment à ce qu'on peut appeler un trek ou une rando, c'est pourquoi ils sont résumés ici sur une seule page.

La journée du 11 août est consacrée à la détente : baignade et massages aux bains de Saint Thomas, un très beau site en pleine nature, avec une eau à 34 degrés.

Bains Saint Thomas

 
Bains Saint Thomas

Le 12 août, nous reprenons le train jaune puis visitons le site de Mont-Louis et en particulier le four solaire, avec une démonstration où un morceau de métal entre en fusion en quelques secondes, grâce à une température dépassant les 3000 degrés.

four solaire

Nous faisons aussi le tour de la citadelle, qui est un centre national d'entrainement commando. On peut y observer les structures d'entrainement utilisées, un parcours de santé version géants...

entrainement commando

entrainement commando

 Nous nous rendons ensuite au camping du petit Canada, un site qui porte vraiment bien son nom car la ressemblance avec les paysages que nous avons pu voir au Québec est forte...

petit Canada

 Quant à la fameuse éclipse, nous trouvons un spot avec une vue parfaite vers l'ouest, mais en soirée des nuages couvrent juste cette partie du ciel et nous ne verrons rien, mis à part l'obscurité qui est tombée rapidement puis la lumière qui est revenue, avec les lampadaires du camping qui se sont allumés puis éteints... A la place, nous profiterons d'une soirée concert avec une belle ambiance. Puis, nous nous allongeons au sol et observons les étoiles. Nous comptabilisons une douzaine d'étoiles filantes en à peine dix minutes, avec certaines qui traversaient presque tout le ciel.

Enfin le 13 août, nous reprenons une troisième et dernière fois le train jaune jusqu'à Latour-de-Carol, grâce à des billets que nous avions achetés dès notre arrivée il y a une semaine. Nous avons cette fois une place dans la wagon à l'air libre et nous profitons de presque deux heures de voyage, avec en particulier un passage sur la plus haute gare de France à Bolquère-Eyne, elle se trouve à 1592 mètres d'altitude.

Bolquère-Eyne

 Un dernier repas au café de la gare et nous reprenons le train de nuit vers Paris pour un retour à une vie plus classique.

Nous espérons que ce récit vous aura plu, comme d'habitude les commentaires sont libres et gratuits, et nous vous donnons rendez-vous à l'année prochaine ! 

 

 

10 août 2026

Pyrénées 2026 jour 5 : du refuge de Ras Carança à Fontpédrouse

    


  • D+: 324 m
  • D-: 1316 m
  • distance : 18,3 km
  • temps de marche : 7 heures 20 minutes

 

C'est aujourd'hui que nous allons traverser les fameuses gorges de Carança, un site que nous avions envisagé de visiter en 2014 avec Christine, mais auquel nous avions dû renoncer à cause de son cancer qui l'empêchait d'être en forme. Je suis aujourd'hui content de pouvoir y aller malgré tout, en sa mémoire.

Il y a souvent du monde, aussi nous partons comme d'habitude dès sept heures. Je suis un peu anxieux car je sais qu'il y a des ponts de singe et autres obstacles à passer, et j'espère qu'Isabelle n'aura pas trop peur : nous n'aurons pas le choix de faire demi-tour puisque nous y entrerons par le haut et devrons en sortir par la vallée.

Pour l'instant, le sentier continue à descendre mais il n'est plus du tout aussi plaisant que celui d'hier : nous sommes le plus souvent dans la forêt, le chemin est abîmé par les sangliers ou par la végétation tombée en travers, il y a des pierriers, bref nous sommes un peu surpris de voir que le principal chemin qui mè,e au refuge est aussi mal entretenu. De plus, une pluie fine se met à tomber, Isabelle n'hésite pas à sortir sa cape de pluie lorsque nous arrivons au pont de pierre, qui marque l'entrée (ou la sortie...) des gorges.

pont de pierre
 

Nous arrivons aux premiers obstacles et Isabelle s'engage courageusement...

 

obstacle Carança

obstacle Carança

 
 Après trois obstacles, une pause s'impose mais ensuite nous avalerons tous les autres (onze au total) avec entrain. Il faut dire qu'ils vont en difficulté croissante si on les prend depuis le parking, mais nous sommes arrivés en sens inverse, donc les plus durs en premier !

La suite du parcours consiste maintenant à prendre des vires à flanc de falaise. C'est facile mais là encore, il ne faut pas avoir le vertige. Nous croisons de nombreuses personnes, groupes ou familles, mais la progression reste néanmoins très agréable, et les vues incroyables.

Carança

Carança

Carança

Carança

Carança

Nous devons maintenant rejoindre notre camping à Fontpédrouse, mais l'itinéraire à pied présente peu d'intérêt, surtout après les sites que nous avons traversés depuis 3 jours. Nous avions repéré que le train jaune pouvait nous amener de village en village dans cette vallée, aussi nous nous rendons à la gare toute proche de Thuès-Carança. Nous avons un peu plus d'une heure à patienter, le temps d'acheter des billets sur internet, de parcourir nos photos et de communiquer avec nos familles, il faut dire que nous n'avions aucun réseau depuis Nuria.


train jaune
   
train jaune

Arrivés au camping de Fontpédrouse, nous nous installons dans l'espace randonneurs, puis nous repartons pour les bains naturels tout proches, ils sont fléchés depuis le camping, à une demi-heure de marche. C'est un site vraiment étonnant, avec cascade et plusieurs bassins aménagés, où l'on choisit la température souhaitée, entre 30 et 40 degrés environ : plus on s'approche de la source jaillissante, plus l'eau est chaude !

 

bains naturels

 
De retour au camping, la pluie tombe à nouveau, c'est encore un repas sur le pouce qui nous attend, avant une nuit reposante après cette journée bien remplie.

 

09 août 2026

Pyrénées 2026 jour 4 : du col de Noufonts au refuge Ras Carança

   


  • D+: 613 m
  • D-: 1233 m
  • distance : 18,3 km
  • temps de marche : 7 heures 20 minutes

 

Cette nuit, nous avons choisi de mettre la nourriture à l'intérieur de la tente pour éviter tout vol de sac. J'apprendrai plus tard en consultant internet que ce n'est pas forcément une bonne idée, il peut arriver que l'animal s'en prenne à la tente plutôt qu'aux sacs, ce qui n'est pas mieux... Heureusement pour nous, la nuit a été calme, mis à part une marmotte qui n'était sans doute pas contente de trouver des intrus sur son terrain de jeu.

Ce matin, comme toujours, le ciel est clair et la tente parfaitement sèche. Ce contraste est vraiment étonnant : d'habitude, on se couche dans une tente sèche et on la retrouve très humide au réveil. Au départ à sept heures, il fait encore froid car le soleil se lève timidement, il faut dire qu'on est à plus de 2500 mètres d'altitude. Cela nous fait du bien après quatre ou cinq épisodes de canicule cette année sur Paris et sa région. 

 


Nous remontons le col de Noufonts déjà gravi hier, puis nous virons à droite en suivant la ligne de crête, qui correspond également à la frontière. Le vent est fort et le froid vif, mais nous sommes réchauffés par le soleil. Nous sommes au point culminant de notre randonnée à 2800 mètres, et nous pouvons admirer le Puigmal (ou Puigmal d'Err), ce sommet que nous avons renoncé à faire à cause des orages.

vue sur Puigmal

 Nous suivons les crêtes durant plus d'une heure, jusqu'au col de Carança. C'est très agréable car nous pouvons à la fois nous remémorer le chemin parcouru comme la vallée de Nuria en regardant côté espagnol, ou tenter de deviner ce qui nous attend en observant le côté français.

Bernard sur les crêtes

Isabelle sur les crêtes

Après avoir observé encore quelques isards, nous pouvons maintenant redescendre en direction de l'Estany Blau, un magnifique lac d'altitude où il n'y a pas grand monde en cette heure matinale ; il faut dire que de nombreuses heures de marche sont nécessaires pour y parvenir !

Estany Blau

 C'est ici que nous prendrons notre petit déjeuner, dans une ambiance un peu magique. Une pause enchantée dont on aime se souvenir...

Le lac suivant s'appelle Estany Negre, il est presque aussi beau mais on ne peut pas s'arrêter à chaque lac !

Estany Negre
 

La suite de la descente vers le refuge de Ras Carança est ponctuée de vues toutes plus incroyables les unes que les autres : nous longeons le torrent qui démarre de ces lacs, et à chaque ressaut nous découvrons un panorama unique, avec au choix d'autres lacs, des zones marécageuses, des petites cascades, des zones rocheuses ou herbeuses. Voici un florilège de toutes ces vues, en commençant par l'Estany Carança, où nous ferons une belle pause nettoyage / pique nique sur la petite île en bas à droite de la photo.

Estany Carança

 
cascade

vallée Carança

vallée Carança

fleurs

vallée Carança

  Nous arrivons au refuge de Ras Carança en milieu d'après midi et nous sommes surpris par le nombre de personnes qui gravitent autour de ce lieu : des tentes sont disséminées un peu partout, le refuge est complet pour la soirée et la nuit. Cependant, on nous sert tout de même une omelette et une assiette du randonneur, de quoi mettre du baume au cœur...

 Je me dis que nous serons plus au calme un peu plus haut, au niveau de Pla del Bacivers où se trouve une cabane non gardée. Nous commençons à monter et trouvons un bel emplacement en forêt, au bord du chemin. J'irai néanmoins jusqu'à la cabane pour voir si elle est intéressante, mais nous resterons au premier emplacement rencontré.

 

Ce qui nous permettra de nous installer tranquillement, et pour la première fois sans orage. Nous aurons même le temps de préparer notre fameux flan Alsa, les desserts ne sont pas si fréquents en bivouac...

 

 

08 août 2026

Pyrénées 2026 jour 3 : du pied du Puigmal au col de Noufonts via Nuria

  


  • D+: 828 m
  • D-: 467 m
  • distance : 10,6 km
  • temps de marche : 5 heures 40 minutes

 

Après cette nuit bien agitée, nous nous levons à nouveau très tôt et prenons simplement un peu d'eau et des graines en guise de petit déjeuner, si bien que le top départ est annoncé avant 7 heures, avec une tente déjà sèche et un nouveau ciel parfaitement dégagé. 

départ au petit matin

Nous sommes pratiquement depuis le début sur le GR11 espagnol, il franchit toutes les Pyrénées, un peu comme le GR10 côté français. Attention, il existe aussi un GR11 qui fait le tour de l'Île-de-France. Pour la première fois, ce sentier n'est pas très bien marqué, et nous finissons par nous retrouver dans des broussailles qui ressemblent un peu au maquis corse. 

sentier

Quelques petites égratignures nous permettent cependant de retrouver la bonne voie, et nous nous réjouissons alors de voir quelques isards juste en dessous de nous.

isard

 Nous parvenons assez vite en vue du site de Nuria, que nous ne connaissons pas mais qui semble très populaire en Espagne.

Nuria

C'est un sanctuaire que l'on peut rejoindre uniquement à pied ou en train à crémaillère depuis Queralbs. Il propose des activités familiales en été comme en hiver et les touristes espagnols y sont nombreux dès le matin. De notre côté, après une bonne collation, nous sommes particulièrement intéressés par la statue de la vierge à l'enfant en bois polychrome ainsi que par les différentes fresques qui décorent le cambril, c'est à dire la petite chapelle située au dessus de l'autel de la basilique.


vierge à l'enfant

Ermengol
fresque Pentecôte

fresque Nativité

Après cette belle parenthèse, nous reprenons notre randonnée en direction du col de Noufonts par une belle vallée où coule un joli torrent, ce qui nous permet une toilette de chat.

vallée au dessus de Nuria


Peu après se présente devant nous la magnifique Coma de Noufonts, que l'on peut traduire par combe des neufs fontaines. Nous pouvons y observer quantité de marmottes et d'isards, je dirais une centaine, qui vivent ici en toute tranquillité avec de l'eau fraîche et un peu d'herbe sèche. 

isards


Nous montons jusqu'au col de Noufonts à 2652 mètres, il marque la frontière entre l'Espagne et la France. Mais malheureusement, côté français, la météo est une fois de plus très incertaine. De gros nuages noirs nous inquiètent, d'autant plus que nous avons au moins deux heures de marche sur les crêtes. Nous décidons alors de faire demi-tour et retournons nous installer dans la combe. Et comme les deux jours précédents, à peine la tente est-elle montée que les premières gouttes arrivent. Nous nous réfugions une fois de plus à l'abri, nous sauterons même le repas du soir car il pleuvra cette fois jusqu'à la nuit. 

 

07 août 2026

Pyrénées 2026 jour 2 : de Planoles au pied du Puigmal

  


  • D+: 881 m
  • D-: 219 m
  • distance : 12,3 km
  • temps de marche : 5 heures 50 minutes

 

Nous avons mis le réveil à 6 heures et nous sommes un peu surpris de voir qu'il fait encore nuit. Plus surprenant, le ciel est clair et la tente est absolument sèche ! Cela nous permet de prendre notre petit déjeuner et de lever le camp dès 7 heures, à la fraîche !

Lorsque le soleil apparait, sa lumière rasante illumine les arbres d'une manière étonnante.

soleil et forêt

Nous continuons à monter et croisons nos premières vaches espagnoles, elles semblent en liberté dans la forêt.

vache et forêt

 Nous parvenons vers 8 heures au refuge Corral blanc, un site de pique nique avec des tables et pas moins de 5 barbecues ainsi qu'une source et un abri sommaire mais pouvant être utile aux randonneurs sous l'orage.

refuge Corral blanc

refuge Corral blanc

 Nous rejoignons alors une route qui nous mène au col des Barraques, où le panorama change radicalement : nous découvrons alors qu'ici aussi, la nature a souffert des canicules à répétition. Au dessus des sapins, le paysage est presque lunaire.

col des barraques

 Nous décidons de ne pas tenter l'ascension du Puigmal qui culmine à 2910 mètres, car nous avons pris du retard hier, et surtout un nouvel orage est prévu cet après midi. Pour l'heure, il fait un temps magnifique et nous marchons tranquillement jusqu'à la "font de l'home mort" où coule un joli ruisseau, ce sera un lieu idéal pour notre pique nique du midi, avec en dessert quelques raisins de notre jardin, oui, on ne se refuse rien !

font de l'home mort


 Nous suivons ensuite un sentier à flanc de montagne jusqu'au col de Fontalba, avec de jolies vues sur la vallée.

Fontalba

Fontalba
  

Comme annoncé, les nuages font leur apparition une heure plus tard et nous devons alors prendre une décision : soit continuer jusqu'à Nuria, avec au moins 2 heures de marche, soit nous arrêter au plus vite et monter la tente pour se mettre à l'abri. Nous sommes dans un parc naturel et le camping y est interdit, mais un flou subsiste quant au bivouac. Le temps de réfléchir, le ciel s'assombrit encore et notre décision est prise : nous montons la tente ! Renseignement pris au retour, le bivouac semble autorisé à condition d'être éloigné de tout parking et en altitude.

A peine la dernière sardine enfoncée, la grêle se met à tomber, le tonnerre gronde et rebondit contre les montagnes. Nous nous réfugions à l'intérieur de la tente, les grêlons se font de plus en plus gros, comme des billes, et nous craignons que la tente ne tienne pas le choc. Le bruit est assourdissant, et nous commençons à échafauder des  plans pour le cas où la tente craque : se cacher dans les sacs de couchage ? mettre nos tenues de pluie ? s'emmailloter dans le tissu de la tente ?

Cela dure pendant une demi-heure, si bien que nous finissons par nous habituer, je sors le téléphone pour filmer ce moment. 


 Comme hier, l'orage s'éloigne en soirée et nous pouvons alors nous rendre compte que la grêle a complètement changé l'aspect de la montagne, on se croirait en hiver...


 Nous pensons que le plus dur est passé et que nous allons maintenant passer une nuit tranquille, c'est une erreur !

Vers minuit, Isabelle me réveille...
- Bernard, je crois qu'il y a un animal près de la tente
- (endormi...) Ne t'inquiète pas, ça doit être le vent
- Non, il se gratte, ça doit être une marmotte (on a vu pas mal de marmottes dans la journée)
- D'accord, on va l'observer, je vais ouvrir
- (en criant) Le sac ! il vient de disparaitre !
- (après avoir ouvert la fermeture éclair de la moustiquaire) Purée, t'as raison !!!

J'ouvre alors la fermeture extérieure et je vois mon sac à deux mètres de la tente. Je me jette dessus comme un rugbyman, sans réfléchir. Je vois alors une ombre juste à côté, l'animal ne veut pas partir. Je suis rassuré car ça n'est pas un ours. Je brandis mon bâton de marche en criant et il finit par s'en aller, laissant sa proie derrière lui.

Je pense naturellement que c'est un renard, mais Isabelle a vu sa tête en ombre chinoise lorsqu'il a attrapé le sac. Après recherche, c'était peut-être un blaireau. Pas de photo de l'animal, juste un sac poubelle bien déchiré, il ne protègera plus mon sac ni des odeurs ni de la pluie...

 

sac poubelle

Nous rentrons nos sacs à l'intérieur de la tente pour plus de sécurité, mais il ne reste plus beaucoup de place pour nos jambes. L'inconfort combiné à l'émotion de ce que nous avons vécu fait que cette nuit sera bien courte !